Le pense-bête de l’auto-édition | Partie 1

Oyé camarades,

Lorsque l’on parle d’écrire un livre, on pense généralement à des maisons d’édition célèbres, car les romans que nous avons dans nos bibliothèques viennent de ces maisons. Mais depuis plusieurs années, l’ère du numérique a changé la donne offrant de nouvelles possibilités et ouvrant de nouvelles voies aux auteurs en herbe, désireux d’être publié : l’auto-édition.

Avant toute chose, il faut savoir ce que cela signifie et ce que ça implique pour l’auteur. Il faut également «savoir pourquoi» on décide de se lancer dans cette voie parallèle.

Pendant longtemps, j’avais en tête d’écrire mon livre et de l’envoyer à une flopée d’éditeurs reconnus. Mais comme j’ai pu l’apprendre plus tard, la première étape est d’écrire. Envoyer son manuscrit, on ne doit pas y penser au début. À y réfléchir, je pense que c’est en partie ça qui m’a empêché d’avancer sérieusement sur mon texte. On peut vite se mettre beaucoup de pression sur les épaules en se disant «faut que mon texte soit parfait si je veux l’envoyer à un éditeur…».

À partir de là, difficile d’écrire spontanément, pas vrai ?

J’ai donc pris la décision de passer par l’auto-édition sans jamais avoir envoyé mon manuscrit à une maison d’édition. Plus qu’une peur de l’échec, c’est un véritable choix personnel.

L’auto-édition d’abord, c’est quoi ?

Dans ce type d’édition, c’est l’auteur qui prend les rênes. L’écriture, la relecture, les corrections, la couverture, les démarches administratives, la publication, le marketing, la promotion, le service-client… Il endosse tous les rôles. Ou du moins, il peut le faire.

L’auteur contrôle ainsi tous les maillons de la chaîne du livre, de sa création jusqu’à sa vente. Mais tout ce travail n’est pas sans difficultés. Si cette aventure vous tente comme moi, je vais essayer de vous éclaircir un peu le sujet. Je suis loin de tout savoir et mon expérience est encore toute relative puisqu’elle ne s’appuie que sur mes lectures et la théorie (je n’ai encore rien publié en auto-édition).

Cependant, j’ai effectué de nombreuses recherches sur l’auto-édition au fil des mois et espère que mes modestes conseils pourront vous être utiles. Dans un prochain article, je vous listerai toutes les bonnes adresses, sites, blogs que j’ai moi-même consultés.

Rapidement avant d’entrer dans le cœur du sujet, j’aimerais vous lister quelques inconvénients et quelques avantages à choisir l’auto-édition. Cela n’a rien d’exhaustif et c’est purement personnel mais cela reste plus ou moins vrai pour tous les auto-édités.

Inconvénients :

  • Solitude : ça peut paraître idiot dit comme ça mais s’auto-éditer est très souvent synonyme de travailler seul. Pour certains, c’est un plaisir total que d’être autonome mais lors de certains étapes ou durant des périodes plus difficiles, cela peut vite être très décourageant. N’hésitez pas à dire autour de vous que vous écrivez, même à une poignée de personnes. Avoir quelqu’un à qui se confier et raconter sa progression peut être salvateur pour le moral.
  • Le manque d’expérience : pour la plupart, il s’agit d’écrire un premier roman/recueil/nouvelle et faire ses armes n’est jamais facile. On ne sait pas trop par où commencer, quoi faire, où chercher. Visiter des blogs d’auteurs est une excellente chose pour découvrir le milieu.
  • Le manque de relations : quand on est édité par une maison, on bénéficie de son carnet d’adresses, des librairies dans lesquelles votre ouvrage sera diffusé. En auto-édition, il vous faudra nouer des relations pour vous faire connaître. Vos cercles personnels d’abord, la famille, les amis, les amis des amis, d’autres auteurs auto-édités, des collectifs, des forums d’écriture par exemple.
  • L’argent ? Cela dépend des envies de chacun mais s’auto-éditer ne signifie pas forcément de débourser des sommes extravagantes. Les plate-formes de vente en ligne permettent pour la plupart de publier son ouvrage gratuitement. Prévoyez quelques frais annexes (impression des premiers jets, envois postaux, etc.)

Avantages :

  • Indépendance : elle va de paire avec la solitude, si vous êtes seul à travailler, vous êtes le seul ou la seule à décider. C’est vous le patron, vous gérez vos horaires, votre planning. Mais en tant que patron, vous avez également la possibilité de déléguer certaines tâches comme la couverture de votre ouvrage (pour un rendu plus pro, ce que j’ai fait), demander les services de correcteurs professionnels ou simplement de personnes dans votre entourage pour une bêta-lecture (mon cas également).
  • Liberté : si un éditeur vous dit que la fin ne lui plaît pas, ou que tel personnage ne devrait pas mourir ou que telle scène devrait être changée… c’est toujours embêtant pour l’auteur. Auto-édité, rien ne vous oblige à effectuer de tels changements. Attention malgré tout, si vos bêta-lecteurs sont unanimes sur certains points, il faut savoir se remettre en question. La liberté peut aussi être dangereuse si on ne la manie pas avec prudence. Personne n’est sans faille et il peut vous arriver de vous tromper, sachez prendre du recul sur votre travail. Toujours.
  • Bénéfices : évidemment, voilà un argument puissant. Le porte-feuille. En moyenne, un auteur édité touche entre 8 et 12% sur chaque livre. C’est une moyenne évidemment. En auto-édition et en vendant son livre sur Amazon, l’auteur touche 35 ou 70% sur chaque ouvrage ! Vous voyez la différence ? Attention. Le pourcentage a beau être alléchant, encore faut-il vendre des livres…

Ces quelques exemples vous auront, je l’espère, aider à faire votre choix.

Parlons concrètement désormais.

Ci-dessous et dans la partie suivante, je vais vous parler de :

– la couverture
– la quatrième de couverture
– le marketing d’auteur
– le formatage d’ebook/livre papier
– la plate-forme de vente d’Amazon, Kobo,…
– l’ISBN
– le dépôt légal
– Copyright et droits d’auteur

1 – Le livre en lui-même

# La première chose qu’un lecteur potentiel voit quand il regarde votre livre, c’est la couverture. Son importance est capitale. Si elle est trop classique, l’acheteur oubliera votre livre dès qu’il tournera la tête. Si elle est ratée et moche, et ben… au mieux, il ne le remarquera même pas, au pire votre livre va lui donner envie de fuir. Loin.

La couverture doit claquer ! Elle doit suggérer et attirer l’attention du lecteur suffisamment longtemps pour qu’il se saisisse de votre ouvrage. Si vous êtes calé en graphisme, en dessin et illustration, vous pouvez très bien la réaliser vous-même. Mais si vous préférez vous consacrer davantage à l’écriture ou si tout simplement, vos capacités de graphiste sont trop limitées, vous pouvez faire appel à un tiers. Comme je vous l’ai dit plus haut, j’ai fait appel à un illustrateur amateur mais ô combien talentueux répondant au doux prénom de Lucas. Je vous en reparlerai plus longuement dans les prochaines semaines, lorsque sera dévoilée la couverture de La Sève du Pouvoir. Très certainement dans le mois de Juin.

Mais quoiqu’il en soit, le choix de l’illustrateur doit être réfléchi. Il faut d’abord voir le style du graphiste, sa «patte» comme on dit. Elle doit coïncider avec l’esprit et le genre de votre roman. Ensuite il vous faut discuter et donner à l’illustrateur suffisamment d’idées, vos préférences, vos goûts mais aussi écouter ses recommandations. Il se peut que vos idées soient mauvaises ou n’étant pas vraiment réalisables, l’illustrateur est avant tout un artiste et ses connaissances en la matière pourraient vous amener à modifier vos choix vers quelque chose de plus cohérent.

Évidemment, sauf exception, il faudra rétribuer l’illustrateur à hauteur de son travail. Dites-vous que c’est un investissement et non des frais. Si la couverture est bien réalisée, vous gagnerez sans doute des lecteurs. Sauf si votre livre est mauvais mais ça, c’est une autre histoire 🙂

# Une fois le lecteur appâté avec votre magnifique illustration, il faut le remonter dans vos filets avec le verso de votre ouvrage : la quatrième de couverture. Un bon résumé de l’histoire, accompagné éventuellement d’une courte biographie de l’auteur permettront au lecteur de découvrir à la fois le livre… et vous !

Il ne faut pas toujours se cacher derrière son manuscrit, je pense qu’il faut aussi savoir se dévoiler, même brièvement, face au lecteur. C’est une partie de vous qu’il va lire, un roman auquel vous aurez consacré du temps et de l’amour (et oui !). Il entrera alors dans votre univers, au risque de ne pas aimer parfois. Un livre est quelque chose de personnel pour l’auteur mais plutôt l’inverse pour le lecteur. En vous dévoilant à travers quelques mots, vous rendez l’ouvrage plus attachant, plus proche de ce lecteur.

Si vous n’avez pas trop d’idées pour le synopsis à écrire en quatrième de couverture, n’hésitez pas à relire ceux de livres que vous avez aimé, qui sont dans le même genre que le vôtre. Une autre méthode consiste à faire appel à un proche qui a pu lire votre histoire. Un esprit autre que le vôtre résumera sans doute votre roman d’une manière plus objective. Cela dépend de chacun, évidemment.

2 – Marketing/Promotion

Quand on décide d’écrire un roman en auto-édition, il est nécessaire de se construire une image sur les réseaux sociaux, d’être présent et un minimum actif. Avec une maison d’édition, l’auteur bénéficie de la promotion faite par son éditeur, le pouvoir marketing des ME est indéniable même si tous les auteurs au sein d’une maison ne sont pas exposés de manière équitable.

Avec l’avènement des réseaux sociaux, l’auto-édité peut faire sa promo plus facilement en solo. Une page pro d’auteur sur Facebook, un compte Twitter, et éventuellement un blog.

Au départ, j’étais plutôt réticent à l’idée d’avoir un blog. Cela demande un certain investissement si on veut une activité régulière. Il faut aussi savoir quoi dire. C’est bien beau d’avoir un blog mais lorsque l’on n’a encore rien publié, on peut se sentir un peu illégitime en tant qu’auteur-blogger. Dans mon cas, j’ai eu du mal à démarrer, à trouver mon «identité». Et puis à force d’y réfléchir, j’ai commencé à écrire des articles. Je tenais à ce que mon blog regroupe à la fois mes avancées personnelles dans mes projets d’auteur mais aussi faire part de mon expérience de l’auto-édition aux autres, à la manière des auteurs indés que j’ai pu suivre grâce à leurs blogs respectifs. Un moyen de continuer cette chaîne de partage ?

Un avantage que j’ai oublié de mentionner plus haut, c’est l’entraide et la convivialité entre auteurs auto-édités. Au fil de vos pérégrinations sur le net, de vos rencontres virtuelles avec d’autres auteurs, vous vous apercevrez sûrement qu’il existe un lien réel entre tous. La solidarité entre auteurs est quelque chose qui m’a bel et bien surpris. Je ne m’attendais pas à des rivalités non plus mais cette bonne humeur m’a vraiment étonné et touché. On est tous passionnés par une chose, l’écriture ! Et qui dit écriture, dit partage…

J’espère vous avoir apporté quelque chose d’intéressant et de constructif si l’aventure de l’auto-édition vous tente. Je rappelle également que je me considère encore et toujours comme un novice en la matière. Mes réflexions n’engagent que moi et je tire ma très modeste expérience de mes lectures sur différents sites, blogs et livres ainsi que ma progression dans la publication de mon premier roman.

Dans la partie 2, j’aborderai les étapes les moins sympas de l’auto-édition, l’administratif et le côté technique. J’attends vos retours avec grande impatience, si vous avez des questions, n’hésitez pas à me contacter ou à laisser un commentaire et je vous donne donc rendez-vous pour un nouvel article !

À très bientôt !

Denis Vergnaud

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