Comment réaliser la carte de mon roman (avec succès !) [1/3] | Le fond de carte

Vous venez de vous procurer votre prochaine lecture. Un roman de fantasy par exemple. Vous l’ouvrez et commencez à le lire. L’univers est original, imaginé par l’auteur et évoque de nombreux noms de lieux impossibles pour vous à situer.
Heureusement, au début du livre se trouve la solution à votre problème : une carte !

Pour se repérer dans le pays imaginaire des héros, pour attiser sa curiosité ou simplement pour s’immerger dans l’univers, une carte est souvent très appréciée des lecteurs mais aussi des auteurs.

Qu’elle soit sommaire ou très détaillée, chaque carte recèle des informations importantes comme anecdotiques qui peuvent apporter de la profondeur au roman et à l’univers qu’elle présente.

 

Hélas, réaliser une carte digne de ce nom n’est pas évident et sans quelques connaissances de bases, en créer une sur ordinateur peut vite être un cauchemar. Obtenir un résultat convaincant et relativement « beau » demande du travail et surtout du temps.

 

Dans La Sève du Pouvoir, je tenais à avoir une carte. J’y ai passé beaucoup de temps et fait de nombreux essais. J’avais d’ailleurs évoqué avec vous cette étape dans l’article Créer une carte pour son roman. J’y montrais des exemples de cartes sur différents logiciels, mais les résultats bien qu’intéressants n’étaient pas du tout à la hauteur de mes exigences. J’avais aussi partagé quelques liens utiles afin de vous aider à réaliser la vôtre. Notamment le logiciel Gimp.

 

Et pour tout vous dire, c’est avec ce logiciel que j’ai réalisé la version finale de la carte de mon roman.

 

Dans cet ancien article, il y avait un lien vers un tutoriel clé en main pour créer une carte simple avec Gimp, très bien fait et très bien expliqué. Malheureusement, on m’a récemment signalé que le site n’était plus disponible. J’ai donc décidé de remettre à la disposition du plus grand nombre cette suite de tutoriel en reprenant l’exemple de l’ancien site (la Bible du Meneur de Jeu).

 

Voici donc la première partie dédiée au fond de carte.

Gimp, c’est quoi ?

 

Logiciel de graphisme (comme Photoshop mais gratuit), il va nous permettre de gérer différents filtres et calques. Grâce à ces calques, on pourra modifier telle ou telle partie de la carte sans toucher au reste, ce qui peut s’avérer fort pratique.
Gratuit et libre, Gimp peut donc être amélioré par tout le monde, notamment au niveau des brosses et des couleurs. Nous utiliserons cet atout au cours du tuto (lien pour télécharger Gimp).

Pour les couleurs, il vous faudra un fichier téléchargeable ici.

Il vous faut ensuite l’installer au bon endroit (C:\Program Files\GIMP 2\share\gimp\2.0\palettes) pour la version Windows et pour les utilisateurs mac : clic droit sur l’application Gimp (dans le menu application) > afficher le contenu du paquet > contents > ressources > share > Gimp > > palettes)

Ajoutez la fenêtre Palettes (onglet Fenêtres > Fenêtres Ancrables > Palettes) en plus de celle des brosses avant de commencer.

Pour les brosses : il nous faut des brosses d’arbres, de montagnes, etc. On peut en trouver beaucoup sur Deviantart (attention cependant à l’utilisation que vous faites de la carte ensuite… et à bien demander l’accord des auteurs si la carte est publiée ou diffusée, même gratuitement).

 

Et il faut ensuite aller les mettre au bon endroit (idem que pour la palette plus haut, mais on remplace \palette\ par \brosses). On pourra également aller chercher une brosse de tâches de sang pour le parchemin (chercher grunge brush sur deviantart, (même remarque que précédemment sur l’utilisation), le format des brosses de gimp est .gbr, mais il reconnaît aussi les brosses de Photoshop (en .abr), ici un exemple.

Une fois les brosses et les palettes téléchargées, il faut redémarrer Gimp pour qu’il prenne en compte les ajouts.

 

Créez un nouveau document et choisissez ses dimensions, par exemple 3500*2500px.

Le fond de carte.

Ici nous allons commencer par reproduire un effet parchemin.

Il nous faut créer 3 nouveaux calques qu’on renommera « papier », « texture » et « taches ».

 

Sélectionnez le calque papier :

 

  • Sélectionnez toute la feuille (ctrl+a) et cliquer sur Sélection > Réduire > 80px (idéal pour le format de notre exemple mais vous êtes libre d’augmenter ou de réduire la sélection suivant la taille de votre propre document). Validez.

 

  • Cliquez sur l’onglet Sélection > Déformation puis réglez les paramètres selon vos préférences (n’hésitez pas à faire des tests), ici prenons une dispersion de 10, une granularité de 20 et laissons le seuil à 127 et l’adoucissement à 2. Cette étape permet d’obtenir des bords déchirés à la manière d’un véritable parchemin.

 

  • Remplissez le parchemin de la couleur de votre choix en sélectionnant l’outil de remplissage (le sceau). Prenons ici la couleur RGB 208 – 193 – 162. Pour ce faire, double-cliquez sur le carré de couleur dans la boite à outils et entrez les valeurs dans les trois cases des dégradés en haut à droite de la fenêtre apparue (R, G et B). Validez puis cliquez au milieu de votre document pour le remplir de la couleur créée.

 

Sélectionnez le calque textures :

 

  • Appliquez un effet plasma avec une turbulence de 2.5 (onglet Filtres > Rendu > Nuages > Plasma). Validez. Vous devriez obtenir un rendu visuel tout à fait immonde avec un mélange de couleurs très psychédélique : c’est normal.
  • Enlevez les couleurs (onglet Couleurs > Désaturer). Cochez Clarté et validez.
  • Cliquez sur l’onglet Filtres > Mappage > Repoussage d’après une carte. Sélectionnez le calque textures en haut et validez.
  • Changez le mode du calque textures en Superposer. Le mode est modifiable dans la fenêtre de sélection des calques, au-dessus de la liste des calques.

La couleur du calque papier réapparaît alors comme par magie.

 

 

 

Sélectionnez le calque taches :

 

  • Réduisez la sélection de la même manière que sur le calque papier (80px également) puis dans l’onglet Sélection > Inverser.
  • Remplissez en noir avec l’outil de remplissage (sceau) puis inversez de nouveau la sélection. Vous avez normalement tout le tour de votre document en noir.
  • Appliquez un filtre Gaussien de 200px horizontal et vertical (Filtres > Flou > Flou Gaussien). La valeur est à modifier selon les dimensions de votre document.
  • Choisissez l’outil Crayon, sélectionner une brosse grunge (qui ressemble à du sang) et parsemez la feuille à votre guise de taches noires.
  • Faites ensuite passer le calque taches en mode Superposer.

Le rendu final doit ressembler à quelque chose dans ce genre là :

 

Vous voilà enfin avec une base parfaite pour votre carte ou tout simplement vous servir d’un support effet parchemin pour écrire. Mais bon, si vous êtes là c’est pour créer votre propre carte fantasy non ? 🙂

J’attends vos retours avec impatience dans les commentaires en dessous. Si certaines étapes ne vous semblent pas claires, n’hésitez pas à me le dire, j’éditerai l’article. Et si ça vous a plu, je continuerai avec la suite : la création des reliefs de votre carte.

À vos claviers, je veux de beaux fonds de carte ! 😉

 

Denis Vergnaud

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9 Commentaires

  1. Jusqu’à présent, j’avais délaissé Gimp par Paint.NET, plus allégé. Je ne sais pas s’il est possible de faire la même chose au niveau des brosses avec Paint.NET, mais si ce n’est pas le cas, voilà un argument pour passer à Gimp !
    Concernant le fond de carte, j’ajouterai que si la carte a vocation à être publiée sur ebook (ou même sur papier), ne pas oublier que le rendu sera en noir et blanc, et donc le choisir en conséquence. (Pareil pour les différents éléments de la carte d’ailleurs.)

    • Salut Jérôme, disons surtout qu’il faut vraiment bien apprendre à maîtriser Gimp pour s’en sortir seul. Mais avec ce genre de procédure, on peut vite comprendre comment il fonctionne et s’en servir par la suite. J’ai donné ici une base très simple, libre à chacun de modifier, d’améliorer tout ça à sa guise.
      La personnalisation sera encore plus présente dans la prochaine partie 😉

  2. Tout ceci est bien beau, mais j’attends un article présentant la même technicité sur la question du style. On perçoit tout à fait tes qualités de manager, de graphiste, d’éditeur, mais on cherche en vain à rencontrer sur ce blog (ce qui représenterait tout de même le cœur de ton existence) la patte de l’écrivain.

    • Bonjour Robert, je ne sais pas si j’ai bien compris votre message mais le but de ce blog n’est pas simplement d’écrire des textes et de les montrer aux lecteurs. Ce blog a été conçu pour partager mon expérience en matière d’autoédition, d’écriture, de fantasy et tout ce qui peut s’en rapprocher (et qui me passionne).
      Réaliser une carte soi-même quand on n’a pas de maison d’édition derrière avec les illustrateurs qui vont avec, ce n’est pas forcément évident. C’est ce qui m’a poussé à écrire cet article.
      Qui plus est, il s’agit ici d’un tutoriel, d’une procédure, c’est clair que ce n’est pas en lisant cet article que vous allez découvrir ma « patte d’écrivain » comme vous le dites. Pour me découvrir en tant qu’auteur, je vous invite à aller lire les quelques textes courts que j’ai publiés sur Scribay ainsi que mon roman de fantasy dont les premiers chapitres sont disponibles librement (sur Scribay et sur Amazon).
      Bonne journée à vous 😉

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