Comment concilier l’écriture et ma vie sociale

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Quiconque écrit, peut s’imaginer être publié par une maison d’édition, vivre de ses écrits, arpenter les salons de dédicaces, répondre à des interviews et bien évidemment continuer à pratiquer l’écriture chez soi. On peut en rêver (ou pas), se demander si cela peut arriver mais très peu parviennent à être « auteur à plein temps ».

Pour la majorité d’entre nous, il faut donc avoir un travail salarié -que l’on apprécie ou non-, qui paie nos factures, nos courses, bref qui subvient à nos besoins. La place pour l’écriture doit donc se faire sur notre temps libre. Chaque cas est différent et apporte son lot de contraintes. Tout réside alors dans l’art de l’organisation pour concilier écriture et vie sociale.

Chacun sa vie

Toutes les histoires se ressemblent (selon certains) mais elles ont aussi des éléments uniques. Il en va de même pour nous qui écrivons. Si la passion qui nous anime est la même, nous ne l’abordons pas de la même manière. Correction : nous ne pouvons pas l’aborder de la même manière. Prenons une jeune autrice célibataire, étudiante. Le temps qu’elle pourra consacrer à l’écriture sera dépendant de son emploi du temps universitaire. Elle aura des thèses, des dissertations, des projets, bref. À côté, elle pourra écrire plus ou moins régulièrement. Mais sans petit ami, elle n’aura pas à adapter son temps à une autre personne et donc à un autre emploi du temps.

À l’inverse, un père de famille qui travaille, avec deux enfants et un planning familial avec lequel il faut jongler n’aura pas les mêmes critères de priorité. Même combat pour des parents divorcés (voire pire ?).

Vivre seul(e) ou en couple altère de façon inéluctable notre manière d’appréhender l’écriture. Comme l’explique très bien Neil Jomunsi dans son article, il ne suffit pas d’avoir du temps libre. Il faut que ce temps disponible soit de qualité : vous sortez d’une journée de travail, vous n’avez pas toujours envie de vous mettre à écrire en rentrant chez vous. On est fatigué, on a déjà passé trop d’heures devant notre ordinateur au boulot, etc.

C’est la réalité.

On peut « n’avoir rien d’autre à faire », la muse de l’écriture n’est pas toujours prête à se laisser approcher. Cela peut agacer, frustrer. On se dit que demain soir, on aura du temps pour écrire. On y pense toute la journée et une fois la débauche arrivée, la motivation n’est plus là. L’étincelle qui nous activait la veille et le matin même s’en est allée et on se laisse séduire par la procrastination. La moindre diversion devient un prétexte pour ne pas s’y coller. Plus on recule, plus reprendre l’écriture est difficile. C’est l’une des raisons pour lesquelles, même en manque d’inspiration ou simplement dans le creux de la vague, il faut essayer de s’asseoir un moment (même fugace) et essayer d’avancer, tout est dans l’état d’esprit. Même un mot, même une simple idée notée sur un papier. Vous ne serez jamais moins avancé qu’avant.

Chacun sa méthode

Dans un monde où tout va plus vite, trouver un moment pour l’écriture n’est pas donné à tout le monde. On court à droite, à gauche, on essaie de jongler entre le travail, les amis, la famille, le sport, les moments à deux, les enfants et bien évidemment tous les imprévus du quotidien.

En quelques années, j’ai moi-même pu constater une forte évolution dans l’emploi du temps de mes journées. Il y a quatre ans, j’étais au chômage, en pleine reconversion professionnelle. Le temps, j’en avais à revendre. J’avais la chance de pouvoir « vivre » sans avoir besoin de courir après un travail. C’était une véritable chance, j’en suis conscient. Peut-être plus qu’à l’époque, d’ailleurs. J’ai alors pu organiser mes journées entre l’écriture de mon premier roman et ma vie de couple. Au final, cela m’a permis d’accomplir un rêve que je n’aurais jamais pu atteindre sans cette certaine liberté.

Ma méthode à l’époque était simple : j’écrivais. Quand ma compagne travaillait le matin, j’écrivais le matin ; quand elle travaillait l’après-midi, j’écrivais pendant ce temps-là. Et quand elle était de nuit, je vous laisse imaginer à quelle heure je me couchais. L’avantage était qu’une petite amie infirmière a des horaires variables, me permettant d’alterner les heures d’écriture pour ne pas tomber dans une routine qui aurait pu me lasser. Ce quotidien m’offrait le luxe de concilier écriture et vie sociale avec une certaine facilité. Quand j’y repense, je me dis que je n’en ai peut-être même pas assez profité ! ^^

Une méthode parmi d’autres

Aujourd’hui, c’est totalement différent. Bon, je vous préviens :  ma méthode actuelle n’a rien d’extraordinaire mais elle a le mérite de fonctionner. Elle ne marchera pas ou ne pourra pas s’appliquer à tout le monde mais si je peux vous inspirer pour trouver VOTRE méthode, saisissez l’occasion.

Depuis ma période chômage, j’ai repris les études pour finalement retrouver le superbe monde du travail (youpi). À ceci près qu’aujourd’hui, je fais un travail qui me plaît et dans lequel je prends du plaisir. Donc, la première chose que j’ai faite lorsque j’ai su que j’allais reprendre une vie de salarié, ce fut d’instaurer des règles.

La première et sans doute la plus importante : me garder un petit créneau tous les matins de la semaine. J’ai ainsi avancé mon réveil d’une demi-heure (dès mon premier jour de travail, histoire d’être dans le bain et ne pas prendre de mauvaise habitude dès le début). Petit-déjeuner, douche et hop, direction le bureau pour une petite session d’écriture.

Instaurer une habitude d’écriture dans votre routine quotidienne

Je vous rassure, je n’écris pas tous les matins. Mais quoi qu’il arrive, je suis assis. J’ai mes notes, je mets une musique inspirante dans mes oreilles et j’essaie de m’y mettre. Parfois, il suffit de poser les doigts sur le clavier pour que ça avance, parfois je n’écris pas un mot. Ce n’est pas grave. Ces derniers mois m’ont appris à relativiser. J’ai vite compris que je ne pourrais pas tenir le même rythme que lorsque j’étais au chômage. C’est tout bonnement impossible.

Et même si cela semble évident quand on y pense, dans les faits, il m’aura fallu plus de 6 mois pour le comprendre et l’assimiler. J’ai donc revu mes ambitions à la baisse en terme de rendement. En y repensant alors que j’écris cet article, le mot rendement est vraiment terrible. Comment peut-on parler de rendement quand on écrit ? Écrire doit être une passion, c’est terrible de quantifier son écriture. Malheureusement, on en revient toujours aux nombres. Les statistiques, quand elles sont mesurées et relativisées, peuvent être bénéfiques pour se motiver et se sublimer. Mais je m’éloigne.

Un pied dans l’instant, un autre dans son roman

Dans un deuxième temps, j’essaie toujours de garder en tête le sujet d’écriture sur lequel je travaille. C’est difficile à expliquer mais je pense que celles et ceux qui écrivent sauront de quoi je parle. Quand on écrit, c’est quelque chose qui nous habite, qui nous prend aux tripes, qui réveille en nous des sentiments incroyables et imperceptibles. C’est un peu comme si on vivait avec nos histoires.

Pour ma part, quand je suis bloqué sur un texte, j’essaie d’y réfléchir : sur le chemin du boulot, sous la douche, en m’endormant. Chaque petit moment de calme devient un instant de réflexion « en fond de tâche » pour employer un jargon informatique. Si cela me permet de débloquer mon histoire, c’est tout bon et ma prochaine session d’écriture pourra partir à 100 à l’heure. Si la situation n’est pas débloquée, j’aurai quand même débroussaillé le terrain et lors de la prochaine session, ce sera ça de moins à faire. Optimisation.

Pour le reste, j’essaie de me garder entre 1 et 3 séances d’écriture le soir dans la semaine. J’anticipe en déroulant mon emploi du temps (en l’accordant avec celui de madame, bien sûr 😉 ) et ensuite, je me laisse porter. Il ne faut pas hésiter à en parler avec votre moitié si vous vivez ensemble. Pour ma part, ma fiancée est compréhensive et sait me laisser mes « petits moments à moi ».

Trouver sa muse à chaque étape de création

Je ne sais pas vous mais pour moi l’étape la plus effrayante dans le processus de création d’un roman, c’est commencer l’écriture. Non, je ne plaisante pas !

La première partie est sans doute ma préférée : celle de l’élaboration du plan. C’est un moment où je peux laisser libre cours à mon imagination et errer mon esprit. Je n’ai pas besoin (ou presque) d’établir de planning pour travailler le plan. Il me suffit de deux minutes pour avancer, noter, griffonner des idées dans mon carnet.

Là où ça se complique c’est au moment de se lancer dans l’écriture, proprement dite. On passe du petit bassin au grand bain, on enlève les petites roues du vélo, on saute dans le vide. C’est à la fois stimulant et effrayant. Ça y est, on y va ! À cette étape, programmer des moments pour écrire et rien d’autre est véritablement nécessaire. Ensuite, plus l’histoire avance, plus les pages défilent, plus les mots viennent naturellement. On prend le rythme. Je suis actuellement dans cette phase. Je retrouve le rythme que j’avais trouvé pour mon premier roman -avec un rendement ( 😉 ) moindre évidemment.

Tout est affaire d’organisation et de persévérance.

J’ai cru un temps que je pourrai écrire un roman par an, claquer 2.000 mots par jour sans problème tout au long de l’année. Je me mettais le doigt dans l’œil. Il aura fallu de nombreux mois pour que je trouve ma voie et aujourd’hui encore, je me dis que ma méthode n’est sans doute pas parfaite. Cela viendra avec l’expérience, j’en suis persuadé.

Peu importe que vous n’écriviez que 500 mots, 200 mots ou même zéro. L’important, c’est d’écrire, de persévérer et de trouver la voie qui vous convienne. Concilier sa vie sociale et l’écriture n’est pas facile du tout et nous sommes loin d’être tous égaux. L’être humain est un animal qui sait s’adapter à son environnement pour survivre. Adaptez-vous, adaptez votre environnement de travail et dans tous les cas, faites quelque chose si vous voulez écrire ! Le temps file déjà…

 

Je vous laisse avec la première vidéo d’une camarade autrice, Anaïs W qui, comme un fait exprès, parle du même sujet. N’hésitez pas à aller faire un tour sur ses sites et notamment Bye bye Salariat.

Note : je partage également l’article de Lynda Guillemaud où elle nous révèle ses journées-types d’écriture 🙂


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Denis Vergnaud

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8 Commentaires

  1. Merci pour le partage 🙂 Je te rejoins parfaitement sur l’organisation (sauf que moi, je ne peux pas écrire le matin, c’est le soir que je me réserve). Mais j’essaie d’avoir un pied dans l’écriture toute la journée, en fait. Souvent je cogite dans ma tête sur le trajet aller ou retour (j’ai 40 mn de route matin et soir). L’écriture, ce n’est pas seulement avoir les doigts sur le clavier ou le crayon sur le papier : c’est dans la tête, en fait.

    • C’est une sensation difficile à expliquer mais oui, quand on a une histoire en cours, elle traîne toujours dans un coin de notre tête 🙂

  2. Super article, tes remarques sont déculpabilisantes. Je me faisais il y a quelques jours la même réflexion que toi par rapport à l’idée de « rendement » dans l’écriture. Cela peut être motivant, mais j’ai relativisé quand j’ai commencé, il y a quelques mois, à m’attrister de ne plus être aussi « productif » que d’habitude. La faute au contexte professionnel, familial, sentimental… Cela a été difficile, mais tout en persévérant, j’ai fini par accepter qu’on ne pouvait pas toujours être « au top ». Tant que l’envie reste (je suis comme toi – et sans doute beaucoup d’auteur•es -, je pense TOUT LE TEMPS à mes histoires en cours), tout va bien !

    • Tu as souligné l’important, l’envie et surtout la persévérance (c’est mon nindo ^^). Nos vies sont en constante évolution, il est donc normal que le temps consacré à l’écriture évolue également. L’essentiel c’est de toujours se garder un moment à l’écriture, même fugace.

      Merci Chris 😉

  3. Je fais pareil, une demi-heure le matin pour avoir la satisfaction d’avoir fait quelque chose de productif et d’agréable dès le début de la journée 🙂 En revanche j’ai plus de mal à me garder des soirées disponibles, j’essaie plutôt de trouver du temps le week-end. J’apprécie beaucoup les occasions où je peux écrire plusieurs heures d’affilée. Il faut un peu se botter les fesses pour dégager du temps mais je ne le regrette jamais

    • Il y a quelques années, je n’aurais jamais cru qu’écrire tôt le matin me plairait. Mais c’était une époque où j’étais au chômage, couche-tard, lève-tard donc forcément… Aujourd’hui, je travaille donc ce moment hors du temps le matin est parfait.

      Pour tes sessions d’écriture les week-end je t’invite à utiliser la technique dite Pomodoro. J’en parle dans cet article : https://laplumedunvoyageur.fr/2017/10/23/nanowrimo-kit-complet-auteur/

      Merci pour ton retour L’Astre 😉

      À bientôt !

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